JW28 a écrit : ↑jeu. 27 nov. 2025 10:12
Par ailleurs, mais ça peut paraitre un peu pédant, je n'aime pas parler du "monde libre" pour un OS. Parler d'un monde libre quand on compare l'Occident à l'URSS, la Russie ou la Chine, ça peut se comprendre, mais ici il faudrait, à mon humble avis, plutôt parler d'un "monde du gratuit", ce qui pourrait aussi être plus racoleur pour ceux qui se ruent sur Shein ou Temu plutôt que... Duralex... ??? sans se rendre compte que ça fait le lit de la destruction de notre propre tissus industriel ou ce qu'il en reste et de nos emplois. Dans l'expression américaine "Free software world" pour moi free signifie gratuit plutôt que libre. I give you this for free my friend...
Merci pour ce retour.
On différencie généralement "gratuiciel" et logiciel libre. C'est une distinction "historique" dans le monde DU Libre, on pourra se référer par exemple à
l'April ou encore à la Free Software Foundation.
Au taf mes collègues utilisent beaucoup Da Vinci Resolve pour le montage, ils enseignent même avec (service public, hein) - c'est un super logiciel avec des versions gratuites. Mais il n'est pas Libre, car il ne respecte pas les quatre libertés fondamentales du Logiciel Libre que sont :
- la liberté d'utiliser le logiciel, pour quelque usage que ce soit (liberté 0)
- la liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à vos propres besoins (liberté 1). L'accès au code source est une condition pour tout ceci
- la liberté de redistribuer des copies de façon à pouvoir aider votre voisin (liberté 2)
- la liberté d'améliorer le programme, et de diffuser vos améliorations au public, de façon à ce que l'ensemble de la communauté en tire avantage (liberté 3). L'accès au code source est une condition pour tout ceci
Au regard de celles-ci Da Vinci Resolve (produit de BlackMagicDesign) est donc un logiciel dit, privateur (je ne suis même pas parvenu à trouver les infos de cette licence).
La distinction est essentielle - au sens stricte ; "essence" comme "nature".
Les outils que nous utilisons impliquent une certaine manière de faire, voire, comprendre, appréhender le monde - me semble t-il.
Dans le monde appelé ici "non-libre" dans lequel j'ai vécu quelques temps (Chine), on utilise et on promeut même des outils libres, comme par exemple UbuntuKylin ou Astra Linux en Russie. Compréhensible puisqu'ils souhaitent une indépendance vis-à-vis de tonton l'américain, ils mettent donc en place leurs outils basés sur du Logiciel Libre. Paradoxale cette situation où dans le monde dit "non-libre" (ça ne veut plus dire grand chose mais passons ou c'est à re-définir), les états préconisent une indépendance vis à vis d'une hégémonie en mettant en place des outils basés sur du Libre ...
En tant qu'agent de la fonction territoriale, j'aimerai voir davantage de ces initiatives dans mon métier.
Donc en français, Gratuit et Libre, concernant les logiciels, furent vraisemblablement historiquement distingués, tout du moins par les acteurs du Logiciel Libre, tels que ceux cités précédemment.
Le monde (et l’esprit) du gratuit et la motivation derrière le Logiciel Libre se trouvent bien souvent aux antipodes. Le premier étant bien souvent un corolaire si je puis dire, de la (fascinante) société de consommation et du "tout tout de suite".
Et comme dit l'adage : "Si c'est gratuit, c'est (bien souvent) toi le produit !" > Données personnelles, etc.
A titre personnel, je me moque qu'un logiciel soit gratuit et "super_cool_méga_top" ! (Shotcut et Kdenlive à côté de Resolve font certes pâle figure).
Je souhaite, telle une recette de cuisine, pouvoir le partager et contribuer d'une manière ou d'une autre, à améliorer son utilisation ou que quelqu'un avec son intelligence propre, puisse y contribuer, l'adapter.
Y a pas plus emmerdant que l’informatique ; mais sous le prisme du Libre, cela devient un tout autre jeu ...